Kahina Bahloul

Kahina Bahloul, est la première femme imame en France et un visage important de l'islam libéral. Elle est née à Paris.

Kahina Bahloul naît dans un fort contexte multiculturel et multiconfessionnel puisque son père est un algérien kabyle et que sa mère est une française athée, née d'une mère juive polonaise et d'un père catholique français. Kahina Bahloul a donc grandit au milieu des rites des trois religions monothéistes.
Elle vit jusqu'à la fin de sa formation de juriste en Algérie, près de Béjaïa. En 2003, elle revient en France et passe plusieurs années éloignée de toute forme de religion. C'est au moment du décès de son père que Kahina Bahloul commence à s'intéresser de plus près au soufisme. Elle y trouve des réponses fortes aux questions qu'elle se pose depuis de longues années et s'investit alors dans plusieurs associations cultuelles soufies.

Les attentats de 2015 sont pour elle un déclancheur qui la pousse à agir : elle reprend ses études avec un Master 2 en islamologie et un doctorat sur la pensée d’Ibn Arabi, théologien et poète soufi du XIIe siècle. Elle crée l'association « Parle-moi d'islam » et anime des conférences sur le dialogue interreligieux, la place des femmes et le soufisme, notamment dnas le cadre de l’association soufie Alawiyya.

Kahina Bahloul est très impliquée dans les questions de genre et défend l'idée que la pratique méditative du soufisme éradique les considérations de genre. Elle a pour modèles des femmes imames influentes, comme la danoise Sherin Khankan ou l'Américaine Amina Wadud. Kahina Bahloul affirme : « Il est acquis, depuis le XIIe siècle, et les écrits d'Ibn Arabi, que rien n'interdit à une femme de diriger la prière. » Le , elle publie dans Les Cahiers de l'islam son analyse des textes sacrés dont la conclusion est : « Les avis qui veulent établir l’interdiction absolue du magistère féminin dans le culte musulman n’ont pas de fondements théologiques solides. Aucun argument émanant du Coran ni de la sunna ne peut être sérieusement avancé pour invalider ou rendre illicite l’imamat des femmes. »